Les P.A.

 

Tract

 

     "Si les premières éclaireuses ont été fondées avant la première guerre mondiale, il semble que les P.A. sont apparues très vite après et s’adressaient à la tranche d’âge 7-8 ans jusque vers 11-12 ans.

 

    Les P.A. et les éclaireuses formaient un tout dans un groupe local. Partout on sentait la nécessité de s’occuper des petites. Les louveteaux existaient déjà, et les petites filles réclamaient. Aussi les premières commissaires nationales ont d’abord été cheftaines de P.A., avant d’être cheftaines d’Eclaireuses ou d’Eclaireuses Aînées : chef Walther, Renée Sainte Claire Deville ; Andrée Lafuente.

 

    Ce sont elles, les pionnières, qui ont adapté le scoutisme de Baden-Powell à des petites filles.

C’était un gros travail ; tout était à imaginer. Cela devait être exaltant d’inventer, par sens de la pédagogie, par intuition, ce qui pouvait convenir à des petites Françaises : un symbolisme, une méthode, des moyens attrayants, des buts élevés, une vision de la femme de demain. Quoi de commun entre la femme d’avant 14 et celle d’après 18 ?

    Les premières cheftaines étaient conscientes d’être à un tournant, pour elles-mêmes aussi, d’ailleurs.

 

    C’est ainsi que les fillettes se sont appelées des Petites Ailes, (bien vite transformé en P.A.) avec un symbolisme s’appuyant sur les oiseaux. Il y avait toute une terminologie : le local était le nid, les cheftaines étaient Plume grise ou blanche, Plumette ; le groupe était l’envolée et les sizaines étaient des couvées avec des Plumes noires à leur tête. Chaque envolée portait le nom d’un oiseau : pigeon, pinson, hirondelle…

Comme chez les Eclaireuses, il y avait trois étapes : Bec Jaune ; Bec Dur, et Aile Rapide (titre envié, avec son bel insigne). Les brevets ont fait leur apparition vers 1932-33.

 

    Pendant l’occupation, le scoutisme était interdit en zone occupée, mais il a resurgi sous d’autres appellations (Jeunesse d’église ou Jeunesse de la Croix-Rouge), et on a aussi essayé d’autres symbolismes pour les P.A. Il y a eu ainsi une « Histoire de Brimbelle ». Les divers mouvements du scoutisme Français ont uniformisé leurs insignes et grades et ont essayé aussi d’uniformiser leurs noms. L’Envolée est devenue Farandole et la Couvée est devenue Ronde (comme chez les Jeannettes). Les étapes sont devenues des Bonds sans poésie, faute de mieux.

    Pour étoffer ce symbolisme, les cheftaines des années 20 et 30 n’étaient pas gâtées. L’écologie n’était pas à la mode, et si le scoutisme prônait et pratiquait la vie en plein air et l’observation der la nature, il n’y avait presque pas de supports : livres et images étaient rares. Mais beaucoup de cheftaines étaient jardinières d’enfants, et adeptes enthousiastes des « Méthodes Nouvelles » ; elles utilisaient les centres d’intérêts ; elles aimaient le symbolisme et le variaient selon leur fantaisie (souvenirs inoubliables de camps peuplés de lutins, d’elfes et de korrigans !).

 

    Baden-Powell avait mis à l’honneur l’esprit de service (caricaturé depuis par la fameuse B.A.). Les cheftaines de P.A. ont proposé, pour cet âge, le « Bon Tour » : B.A. faite en surprise et même si possible, sans que l’auteur soit découverte.

 

 

Carte Postale FFE

 

 

 

     La devise, « Prêter la main ». Combien de petits services une P.A. peut rendre avec ses deux mains ! Vous ne sauriez croire !

Les moyens étaient simples (beaucoup de jeux, de chants, de danses et de « cérémonies »), et les buts plutôt élevés. Les ambitions étaient grandes : la formation de personnalités fortes, prêtes à prendre leur place dans le pays, dans la société. Le désir était surtout que les P.A. soient des filles heureuses et capables d’assumer des responsabilités, et de créer un lieu propice à leur épanouissement.

     Etre cheftaine de P.A., c’était une joie renouvelée à chaque réunion, à chaque sortie, à chaque camp."

 

Violette Ginger Didier


 

 

La loi des P.A.:

 

Les petites Ailes regardent vers Plume Grise et écoutent sa voix.

Les Petites Ailes s’aiment comme des sœurs et ne se disputent jamais.

 

La promesse :

 

Je promets de faire de mon mieux pour

  • obéir à Dieu ou obéir à ma conscience
  • aimer mon pays
  • prêter la main chaque jour

Le salut : deux doigts levés (les deux articles de la loi)

 

La devise : Prêter la main

 

Les maîtres mots :

  • 1er bond :  Une Petite Aile a le sourire

Une Petite Aile est propre

  • 2e bond : Une Petite Aile dit vrai

Une Petite Aile est active

  • 3e bond :  Une Petite Aile pense d’abord aux autres

 

Le Bon Tour(BT) : version PA de la BA

 


 

Brimbelle

 

    "Depuis plusieurs années, les cheftaines de P.A. demandaient la création d’une histoire pouvant servir de base au symbolisme PA, celui des oiseaux devant être renouvelé. Celle-ci, intitulée « Brimbelle », a été composée par Marcelle Vérité, auteur en vogue pour la jeunesse, en septembre 1947.

    Brimbelle est une petite fille évoluant dans un milieu naturel, la forêt, entourée d’animaux qui lui apprennent à vivre à travers les petits événements auxquels elle est mêlée. Ce récit ne doit rien préciser, mais seulement suggérer. Il veut surtout donner une indication de l’atmosphère heureuse, mi-réaliste, mi-féérique, où s’allient aussi la poésie, la fraîcheur et la fantaisie.

    C’est un canevas sur lequel il est facile de broder ou créer mille autres épisodes : thèmes de jeux, cérémonies, chants et danses, travaux manuels et décorations de local, observation de la nature, thèmes de camps. Avec le déroulement des saisons, l’histoire apporte aussi les événements de la vie PA. Le Bon-Tour et la Loi, les Maîtres-Mots, les étapes et le passage aux éclaireuses. L’idée de service est très présente.

    L’écueil serait de trop préciser le personnage de Brimbelle. Elle n’est ni une PA, ni la PA type, ni une fée… Chaque PA s’en fera une idée personnelle. Bien entendu, Brimbelle se raconte en plusieurs épisodes. L’histoire est créée pour plusieurs années de la vie PA. "

 


 

La cheftaine

 

"Elle est jeune. Quelquefois à peine plus âgée que ses éclaireuses.

Comment s’établit l’autorité morale qui lui est nécessaire ?

  • par son attitude en toutes circonstances.
  • par sa manière de vivre.
  • par la qualité de ses rapports avec les filles.
  • par l’exemple qu’elle donne qui, seul, a une influence profonde et durable.

L’autorité vient naturellement :

  • à celle qui est toujours là dans les coups durs et sait clarifier les situations difficiles ;
  • à celle qui sait donner des conseils et respecter la liberté qu’ont les autres de ne pas les suivre ;
  • à celle qui est toujours calme et sait remettre les choses à leur place et à leur valeur ;
  • à celle qui sait s’effacer, habituant les éclaireuses à ne pas faire tout simplement ce qu’elle leur propose, mais à partir de là pour créer quelque chose qui leur soit personnel."

 


 

        

 


 

Extraits :

 

"L'année 1923 a marqué pour les PETITES AILES un progrès dans la stabilisation et l'enrichissement de la méthode, plus que dans l'augmentation du nombre des "Envolées" (ou Troupes de P.A.)

Celui-ci se monte actuellement à 11 : 5 à Paris , 6 en province, groupant en tout, environ 200 fillettes.

Les 5 Envolées de Paris se sont rencontrées en juin pour des challenges de jeux et de sports. [...]

Presque toutes nos Envolées sont nées a coté de Troupes d'eclaireuses, ou par l'intermediaires de personnes en rapports étroits avec les Eclaireuses."

 

 

 


 

 

Contributions : D. ZWILLING,