Témoignage d'une E.I. pendant la seconde guerre mondiale

 

Une E.I. dans les Jeunesses de la Croix-Rouge : la 2e Guerre Mondiale

 

"Septembre 1940. Retour dans Paris occupé, après un an d’exil provincial, le choc de la défaite, de la débâcle, de l’exode. Le scoutisme est interdit par les occupants. Alors après des négociations dont j’ignore tout, la Croix-Rouge nous ouvre les bras. Nous allons rejoindre les « Croix-Rouges de la Jeunesse » qui ont sans doute paru moins dangereuses aux occupants. Et sous leur égide, la F.F.E. nous propose des cours de préparation de cheftaines.

 

Nous sommes deux ou trois douzaines de vieilles éclaireuses, regroupées en trois équipes pour la formation technique, animées par de jeunes cheftaines confirmées. Impossible de nous réunir dans les lieux publics. Nous nous retrouvons chez l’une ou chez l’autre. Parfois dans le parc de Sèvres ou un autre terrain boisé proche de Paris. Il ne faut pas attirer l’attention.

D’autres activités groupent toutes les stagiaires. Il y a des cours de psychologie, de pédagogie, de secourisme. Nous préparons le brevet de Secouriste de la Croix-Rouge. Et puis des cours de gymnastique chaque semaine dans un petit stade rue de Chalon.

 

Enfin, dans cette année scolaire 1940/1941, nous avons eu deux séjours, sortes de camps-école, l’un à Vaucresson, très officiel puisque c’était avec de vrais jeunes de la Croix-Rouge avec qui le courant est assez bien passé, mais qui nous rappelaient que nous n’étions rien d’autre que des jeunes de la Croix-Rouge. Mais ces séjours nous ont permis de recevoir aussi des Eclaireuses de la région parisienne élargie. Je me rappelle d’une jeune institutrice de l’Yonne, qui nous racontait les particularismes avec lesquels elle devait compter dans son milieu agricole. L’ensemble de ces activités avait été mis en place par Chef Bruppacher.

 

Il y a eu une seconde année, mais la pression des études était devenue plus lourde. Et puis, comme j’étais juive,  j’étais soumise à de plus nombreuses contraintes. Enfin les Eclaireurs Israélites m’avaient demandé un peu de participation à leur travail social qui prenait le temps et l’activité qui me restaient possibles."

 

Hélène Sax Bloch, section E.I. Paris Montholon