FERNEY Georges

Georges   FERNEY

 

     1909 - 1982

 par  Serge  DALENS

 

 

     Cette série de photos scoutes, dont l'auteur est  Georges FERNEY, vous est présentée sur notre site  avec l'aimable autorisation de son héritier  Monsieur  Christian  FLOQUET. (Contact :  c.floquet@orange.fr).  Le texte de la préface est de  Serge  DALENS  (Yves de Verdilhac).

 

                                                                               

 

Georges Ferney en Chef Scout vers 1930


 

Jean-Louis FONCINE, Georges FERNEY, Serge DALENS vers 1960


     Il n’est pas difficile d’évoquer un ami dont on peut serrer la main tous les jours. Il l’est davantage lorsque cet ami n’est plus de ce monde. Emmanuel Bonfilhon de Regneiris, plus connu sous le pseudonyme de Georges Ferney, nous a quitté voilà maintenant bien des années, mais son oeuvre demeure.

 

   Il comptait bien des cordes à son arc, à la fois coureur automobile, écrivain, pilote d’avion, photographe, historien, cuisinier, officier de réserve, astronome, juriste, latiniste, maquisard, gestionnaire, journaliste, cinéaste ... il avait fait tous les métiers et brillé en véritable « pro » dans les activités les plus diverses. 

 

     Natif de la région Paca, Georges est entré aux Scouts de France dès le début des années vingt. Remarqué pour la qualité picturale de ses images, il fournira durant plusieurs décennies de nombreuses photos aux revues du mouvement. En effet, dès le début du printemps 1930, c’est dans la revue « Le Scout de France » pour laquelle il était correspondant, qu’il publia ses premiers articles illustrés par ses propres clichés. Paraissant sous forme de feuilletons destinés à l’initiation des jeunes scouts à la photographie, ces publications dévoilent déjà l’étendue de ses connaissances quasi-encyclopédiques qui ravissaient son entourage. Il convient donc de brosser un rapide portrait du personnage. 

 

     Oui, comment était-il ? De taille moyenne, mince, avec des cheveux drus vite devenus gris, le teint hâlé et des yeux si clairs que je ne saurais les oublier.

 

     Je l’ai rencontré pour la première fois pendant les Journées Nationales des Scouts de France, présidées à Strasbourg par le Maréchal  Lyautey. C’était bien avant la guerre de 1940 et je me souviens encore de cet élégant scout toulonnais d’adoption, vétu d’un spendide imperméable blanc, qui s’était déplacé avec son avion personnel pour assister, appareil photo et caméra pathé-baby en bandoulière, à cette rencontre strasbourgoise. 

 

     Quelques temps plus tard, c’est au «Jam de 33» que je retrouve mon Georges bardé d’appareils photos, accompagné par sa joyeuse troupe de la 5ème "Sire-de-Joinville des Perdreaux" de Toulon aux foulards gris bordé de rouge. Ils campent à proximité des scouts marins provençaux et de son ami toulonnais Pierre Grimaud, autre personnage d'exception, venus à Gödöllö avec leur commissaire de province le Général Valdant. 

 

     Georges, qui fut l’un des photographes talentueux du scoutisme, monte à Paris, pour fixer sur la pellicule le 25ème anniversaire du scoutisme (1). Durant ce séjour dans la capitale, il approchera le monde du cinéma, faisant la connaissance de René Clair puis de Julien Duvivier, qui tourne sur les bord de la Marne « La Belle Équipe » avec Robert Lynen, l’inoubliable « Poil de Carotte », tombé à vingt ans sous les balles d’un peloton d’exécution allemand.

 

     Aux premières heures de « la drôle de guerre », Georges, qui souhaite participer au combat, s’engage dans l’armée de l’Air.  Démobilisé, il sort officier de réserve et devient maquisard F. F. I .... Les années passent et les retrouvailles auront lieu au « Signe de Piste » où officiait Maurice de Lansaye en compagnie de « Tante Mad », c’est à dire Mademoiselle Madelaine Gilleron, directrie pour la France de notre premier éditeur de la collection  SIGNE DE PISTE : Alsatia.  

 

    Ayant pris Georges en amitié, elle l’encouragera dans sa carrière littéraire qui débute dès la libération avec la sortie en librairie de « Fort Carillon », qui fit grand bruit lors de sa parution car son histoire est presque véridique et elle passionnera nos jeunes lecteurs. Ce premier roman imposera d’emblée Georges comme un des virtuoses du « Signe de Piste » et instantanément, il deviendra  le conseiller littéraire de la collection. Sa facilité d’écriture était telle qu’il était capable de rédiger pratiquement tout d’une traite et sans rature. On peut aisement dire qu’il fut longtemps l’éminence grise du « Signe de Piste », corrigant et réécrivant  les manuscrits défectueux, ou adaptant et traduisant certains romans. 

 

   Poursuivant une carrière qui débutait si bien sous le nom de Ferney, parurent ensuite « La Ménagerie », « Le Château Perdu », « Le Prince des Sables », « Le Chemin de la Liberté ». Mais comme Georges craignait de se voir accuser de monopoliser le « Signe de Piste », c’est sous le pseudonyme de Patrick Robin que parurent « L’Affaire Stani » et « La Maison de l’Espoir », sous celui de Geoffey X. Passover que furent publiés « Joar de l’Espace » et « Les Survivants de l’an 2000 », sous celui de Georges Calissanne que furent édités « Les Fils de la Cité » et « Le Roi d’Infortune », romans très différents les uns des autres, montrant combien son auteur avait su se renouveler, mais tous parus dans l’une des collections « Signe de Piste ». Enfin, c’est sous le pseudonyme  Jean-Yves Corin que parut dans la collection « Jamboree » son roman « La Cabane aux Chansons ». 

 

     Mais Georges était avant tout un homme de cinéma, qui s’était voué corps, finances et âme au septième art, aussi bien producteur, scénariste, dialoguiste, metteur en scène ou preneur de son. C’est dès la fin des années quarante qu’il entamera, d’après le roman de Claude Appell, la réalisation, avec les Scouts de France, des « Cent Camarades », le premier film « Signe de Piste » qui sortira sur les écrans en 1957. Puis en 1951, il nous ramène du Jamboree de Bad-Ischl un documentaire de plus d’une demi-heure. Ensuite, Georges accompagne et filme une troupe de jeunes spéléologues scouts partis explorer le gouffre de la Pierre-Saint-Martin. De cette visite, à des centaines de mètres dans les profondeurs de la terre, naitra un autre documentaire scout.

 

     En 1954, il tourne à bord de «La Calypso» de  Cousteau son premier film couleurs tiré du récit de Pierre Labat « Le Merveilleux Royaume », retraçant l’histoire du premier groupe de plongée scout marin, ce sera le second film « Signe de Piste ». Enfin en 1957, Georges adapte et fait de son roman « Le Chemin de la Liberté » un film scout et du même coup, il réalise le troisième film « Signe de Piste ».

 

    Si un jour vos pas vous mènent aux abords de l’Étang de Berre, vous remarquerez une raffinerie. C’est là que s’élevait jadis la demeure d’Emmanuel Bonfilhon de Regneiris, dont le domaine s’étendait à perte de vue.

 

N.B.; Cette présentation a été réalisée d’après des textes de Serge Dalens 

 

(1)  en 1936,  25ème anniversaire de la fondation des E.D.F. et E.U.F.

 

Détail de la manche