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Jean BENQUET, alias Canard bricoleur, était affecté au service timonerie du
sous-camp MARINS (voir sa feuille d’affectation, un document fort intéressant.
Voici la photo de Jean BENQUET, en grand uniforme réglementaire des Scouts de
France.


Jean BENQUET
Jean BENQUET et sa cordelière



Insigne souvenir
25 x 34 mm
Circulaire officielle de convocation
Cliquez pour lire
Insigne officiel
60 x 62 mm
L’insigne officiel du sous-camp MARINS ne différe des 26 types d’insignes officiels
du Jamboree que par la mention MARINS sur le talon de l’insigne (voir notre reproduction
d’un exemplaire assez usagé). Sur la photo de Jean, on distingue un autre insigne,
non officiel, qui lui sert surtout à fixer sa cordelière. (voir notre reproduction).
Le texte qui va suivre a été rassemblé grâce à son fils Olivier, actuellement scout lui même, que H.A.S. remercie pour son aimable collaboration. Ce texte nous apporte quelques précisions sur les scouts marins.
Jean BENQUET a été invité au Jamboree de 1947 car il était alors “Scout de HAUTE
MER”, des gens peu nombreux en France. Il avait à sa disposition un Leica professionnel,
qu’il maniait parfaitement. Les photos que nous avons choisies ont été développées
par lui-même à bord du croiseur Montcalm où existait un labo photo mis à sa disposition
(Jean était Radio mais aussi un peu le photographe attitré du bord).
Voici quelques uns des ses souvenirs extraits de mémoires écrits par lui-même il y a quelques années, l’un sur ses activités dans la marine et un autre sur ses activités scoutes :
Extraits de ses souvenirs de marin “SOUVENIR D’UN MATELOT PARISIEN”, puis de ses
Souvenirs de scout “50 ANS DE SCOUTISME”.
Je me trouvais à l’école des Radiotélégraphistes en mai 1945 à La Crau, près de Toulon, quelques mois avant la fin de la guerre quand j’appris l’existence des “SCOUTS DE HAUTE MER” et du Clan “Noé” de Toulon, animé par un mariste le père Scotto. Avant mon engagement, j’étais dans le scoutisme clandestin de l’occupation (SCOUT DE FRANCE 31éme PARIS, St Jean de Montmartre). Je me joignis immédiatement à ce clan pour faire connaissance, et faire avec eux des sorties pendant mes permissions.
En 1947 il y eut en Ile de France, à Moisson (Yvelines), le premier Jamboree international d’après guerre des scouts du monde entier, et généreusement, la Marine accorda à cinq scouts de haute mer, dont je fus, une permission exceptionnelle de 20 jours en plus des 40 jours annuels du temps de paix.
Les scouts marins de tous pays (plus nous autres, les cinq de haute Mer) n’étaient pas avec les autres scouts, ils avaient droit à une île sur la Seine. Naturellement, elle avait été rebaptisée ‘L’”ÎLE DE LA TORTUE”, quelques unes de mes photos vous en donneront une idée. Quand j’étais de service, je faisais des liaisons avec la berge en morse au sifflet, le plus lentement possible, car vous n’avez pas idée de la différence de vitesse entre le morse vu par les scouts et celui vu par la Marine ! A peu près la même qui sépare une trottinette d’une formule 1.
Les Scouts de Haute Mer
Qu'étaient ces Scouts de Haute Mer ? L'inverse des Scouts-Marins qui sont des terriens pratiquant (à l'époque) avec plus ou moins de bonheur des activités marines, tandis que nous autres étions des vrais marins qui pratiquaient au sein d'un Clan de Routiers spécialisé, le Clan Noé de Toulon, des activités terrestres, surtout de la varappe dans les petits monts qui surplombent la ville. (…)
Le Clan Noé a eu des Chefs de Clan, mais comme ils étaient comme nous souvent en mer, en fait le Clan était dirigé par l'aumônier, le Père Scotto un mariste de Toulon, car le Chef de Clan en titre pouvait se trouver en mer ou aux quatre coins du monde et il fallait assurer une permanence. Elle avait lieu tous les soirs dans son bureau et les Scouts de Haute Mer dont le bateau était présent à Toulon s'y retrouvaient, pour entre autre préparer la sortie du dimanche ou du Week-End. (…)
Cinq Scouts de Haute Mer au Jamboree de Moisson en 1947
Je possède encore mes photos prises à l'époque et, particulièrement de l'île sur la Seine surnommée l'Ile de la Tortue en souvenir du livre de Stevenson, l'Ile au Trésor), où campaient les Scouts-Marins de toutes nationalités et nous aussi les cinq Scouts de Haute Mer.
En effet, la Marine accorda généreusement 20 jours de permission supplémentaires à cinq Scouts de Haute Mer, et je faisais partie de la bande.
Les Scouts de l'Air (très rare document)
C'est en 1947 au Jamboree de Moisson que je les ai connus. Mais si nous autres Scouts de Haute Mer étions des vrais marins pratiquant le scoutisme, les Scouts de l'Air étaient eux des terriens ayant des activités aériennes, de la même manière que les Scouts-Marins, terriens aussi, avaient des activités marines.
Mais au Jamboree, les Scouts de l'Air n'étaient pas dans l'enceinte du camp ni comme les marins dans une île le bordant, mais un peu plus loin, de l'autre côté de la Seine, à CHERENCE (Note de H.A.S. : voir notre chapitre Scouts de l’Air, à la fin) où il y avait une petite base avec un terrain pour décoller ou atterrir. Ils ne pouvaient évidemment pas s'installer au milieu du Jamboree ... Les Scouts-Marins étaient plus favorisés et pouvaient venir avec leur bateau (des anglais avaient effectivement traversé la Manche et remonté la Seine jusqu'à Moisson avec leurs embarcations). Mais si les Scouts-Marins avaient parfois leurs propres bateaux, nous autres Scouts de Haute Mer n'avions pas évidemment nos bâtiments ! Pour en revenir aux Scouts de l'Air :
Si MOISSON était sur la rive gauche de la Seine, CHERENCE était sur la rive droite. Alors, pour les liaisons avec le camp en traversant la Seine, c'était les marins de l'île qui faisaient la navette avec leurs bateaux. En remerciement ils nous avaient promis des baptêmes de l'air, et j'en ai bénéficié quand le Jamboree a été terminé. Voilà mes souvenirs de ce baptême :
Ce n'était pas sur un avion mais sur un planeur. Pour le lancer, il n'était pas à la remorque d'un avion, mais tiré par un treuil situé à l'autre bout du terrain. Quand le planeur avait pris son envol, son pilote larguait le câble avec un dispositif ad hoc et était en vol. Si les courants ascendants s’y prêtaient, il montait très haut.
Mais patatras ! Quand nous avons pris l'envol, le câble a cassé (encore du travail de boy-scout comme disent les méchants) et le planeur est retombé au sol un peu brutalement… Une fois le câble réparé, nouvel envol, cette fois sans problème.
Voler en planeur, quelle merveille ! J'ai pris plusieurs fois l'avion depuis, mais rien de comparable avec le planeur qui vole sans le moindre bruit ! Comparaison par un marin : la voile, opposée aux bruyantes vedettes à moteur.
Voici maintenant une sélection de photos faite par H.A.S.. Toutes sont de Jean BENQUET qui les a prises au sous-camp MARINS du Jamboree 1947 dont on posséde très peu de documents.
Photos de Jean BENQUET
Olivier BENQUET, de Vannes (56)
Nous avons pu extraire de l'imposante photothèque Jam 47 de Robert Manson
ce maigre résultat d'une douzaine de négatifs présentés ici en trois rangées :
- quelques scènes avec des personnages sur l'eau, nous avons inventé des titres
- quelques scénes du sous camp marins dont une photo avec beaucoup de monde
- quelques clichés de l'énorme maquette du "Pourquoi pas"
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