Vieilles traditions scoutes
Sciences naturelles
LA CHASSE AU DAHU
Monsieur Marcel JACQUAT, zoologue, conservateur du
Musée d'Histoire naturelle de La Chaux de Fonds
(Suisse) a étudié pendant plusieurs années cet
animal, et a rassemblé à son sujet nombre de
preuves de son existence : nombreux témoignages
assez concordants, squelette en parfait état,
reproduction de peintures rupestres, moulages
d'empreintes, etc, et répondant à un réel souci
pédagogique, il a écrit une très sérieuse
monographie sur cette espèce. Cette étude a même
été présentée dans son musée au cours d'une
exposition, ainsi que dans d'autres muséums.
Tout Chef de Troupe à trois ou quatre étoiles,
donc sensé expérimenté par un contact avec la
nature favorisé par divers camps d'été, a un jour
ou l'autre entendu parler du Dahu. Il est fréquent
que des croyances locales soient rapportées ça ou
là, mais avec toutefois des différences. Mr
Vincent Gaullier dans la très sérieuse revue
SCIENCE ET AVENIR (de Juillet 1996) rapporte que
suivant les régions, il existe ainsi des animaux
comme le Jackalope américain, le Wolpertiger
bavarois, et il cite aussi l'ouvrage "Anatomie et
biologie des rhinogrades" du Docteur Harald
Stümpke aux Editions Masson, 1962 (15 planches, 12
figures, 85 pages), préfacé par Pierre Paul
Grassé, un des plus grands zoologues du siècle.
Ces animaux fort rares sont d'autant plus
recherchés. On peut citer aussi l'ornithorynque,
bien que lors de sa découverte il y a deux
siècles, tout le monde crut à un canular : un bec
de canard collé sur une peau de mammifère, mais le
doute disparut du jour où l'on put montrer un
animal bien vivant. Mais qu'en est il du dahu ?
Sur cette question, les spécialistes du dahu et
les zoologues sont souvent en complet désaccord,
chacun présentant ses propres théories. On sait
que les modalités de la chasse au dahu sont
parfaitement connues : nuit sans lune (car
l'animal est exclusivement nocturne), froid,
épaisse couche de neige. Ce dernier point facilite
la chasse car on peut suivre la piste par des
empreintes, méthode courante chez les scouts
habitués du tracking. Mais cette neige est hélas
rare au cours des camps d'été, et les scouts en
sont réduits à ne pas bénéficier de ce moyen de
pistage.
Mais ce qu'on sait moins, c'est à quoi ressemble
cet animal. Ce serait un mammifère au pelage très
doux, de la taille d'un gros lapin jusqu'à celle
d'un gros chien. En fait, de nombreuses
sous-espèces ont été décrites dans les Vosges, le
Jura, en Provence et en Bretagne (voir ci contre
en noir la carte de répartition du dahu pour la
France et l'Afrique du Nord). Mais le dahu serait
présent dans les régions où le relief est marqué,
ce qui avec le temps a amené l'espèce parfaitement
adaptée aux pentes, a avoir les pattes plus
courtes d'un côté que de l'autre. Il se déplace
donc sans difficulté à flanc de coteau et il
tourne autour de la montagne ou de la colline,
soit dans le sens des aiguilles d'une montre (dahu
dextrogyre), soit dans le sens trigonométrique
(dahu lévogyre).
On découvre dans la monographie de Monsieur
Jacquat que cet animal fait partie des espèces
fossiles qui peuplent la terre depuis plusieurs
millions d'années, comme l'attestent d'ailleurs
les empreintes de Dahuterium agilis retrouvées sur
une dalle du trias moyen d'Ardèche. D'autre part,
des spéléologues ont récemment découvert des
peintures rupestres au fond de la grotte du Bichon
(Suisse). La scène représente un homme chassant un
animal aux pattes de longueur différentes. La
datation au carbone 14 place cette sous espèce
Dahutus montanus calcifondensis à la même époque
que les hommes du paléolithique supérieur.
Au point de vue reproduction, le premier contact
est olfactif comme souvent dans le règne animal.
Ensuite, la reproduction n'est possible qu'entre
dextrogyres ou qu'entre lévogyres, le croisement
entre les deux variétés se révélant forcément
acrobatique, et sur ce dernier point, on en est
réduit à analyser toutes les hypothèses comme à
supputer les caractéristiques de la descendance
issue d'un tel mariage.
Marcel Jacquat raconte même être tombé sur des
reproductions de peintures rupestres sur un
dépliant touristique finlandais, ce que notre
zoologue a exprimé ainsi : ces animaux
présentaient "une anisométrie antéropostérieure
plutôt que latérale", c'est à dire pour parler
comme vous et moi que les pattes arrière étaient
plus courtes que les pattes avant.
Dans nos camps scouts, il est fréquent de pimenter
une balade de nuit dans la nature d'une chasse au
dahu, mais il ne nous a jamais été rapporté que
cette chasse ait été fructueuse. Il faut la nuit
noire, ce qui empêche d'apercevoir cet animal
aussi rarissime que vif et fugace. Les camps ont
lieu l'été, ce qui s'oppose à la présence de neige
et il n'a jamais été rapporté de présence de dahu
en haute montagne où la rareté de la nourriture
croit avec l'altitude.
Mais il ne faut pas pour autant abandonner cette
chasse au dahu en dépit de ces insuccès, en
recommandant aux adeptes de chercher à surprendre
l'animal; mais jamais de tenter de le tuer, car
déjà rarissime, l'animal disparaîtrait, victime de
l'oubli des traditions.
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LE DAHU ETAIT ENCORE UNE FOIS A L'HONNEUR.
Et cette fois, c'est le grand hebdomadaire LE
POINT du 18 Janvier qui en parle. LE POINT ne
donne pas d'éléments nouveaux sauf l'illustration
ci-dessous. A son tour, la revue évoque Marcel
JACQUAT, conservateur du Museum de LA CHAUX DE
FONDS (Suisse), et rapporte de ce scientifique un
avertissement à la science et au monde :
"Victime d'une culture uniforme, le dahu pourrait
bien rapidement se retrouver sur la liste des
espèces à protéger."
La photo représente à gauche un panneau
signalétique routier "Passage pour dahus", qui
montre l'esprit de protection de l'espèce, tout à
l'honneur de nos voisins suisses. A droite, on
voit une reconstitution du Dahutus Calcifondensis
figurant au Museum de Monsieur JACQUAT.
LE DAHU ETAIT ENCORE UNE FOIS A L'HONNEUR.
SUITE DES CHRONIQUES DU DAHU : LE PAROLIER
Le DAHU le plus célèbre, nous rapporte Alain MORLEY, est le nom du carnet
de chants créé à la fin des années 60 par Louis BASDEVANT (fils du premier Secrétaire
Général du SCOUTISME FRANCAIS), Chef de Troupe Sèvres - Luxembourg - Paris,
avec des dessins des chefs Eric BONNET et Frédéric HENTSCH.
Ce chansonnier, de format horizontal 206 x 131 mm,
épaisseur 22 mm, a le gros défaut de n'être qu'un
parolier, et ses pages ne sont pas numérotées,
mais seulement les chansons. A sa naissance, nous
nous souvenons de réactions contre "certains
chants n'ayant pas leur place dans un chansonnier
scout". Nous en extrayons l'illustration de
couverture, et deux représentations scandaleuses
d'espèces de dahus faites dans un esprit
caricatural, irrespectueux, et sans la moindre
rigueur scientifique.
Alain MORLEY nous signale enfin qu'un squelette
de DAHU est présenté au Musée de la Faune, à
l'Hôtel des Cornettes à LA CHAPELLE d'ABONDANCE
(Haute Savoie). Il n'y a donc pas pas que la CHAUX
DE FONDS !


Quelques médiocres interprétations d'auteurs (amateurs)...
Nous ne pouvons passer sous silence ce chef
d'oeuvre de notre ami Sven SAINDERICHIN. La scéne
rarissime représente un Eclaireur à l'évidence
terrorisé devant un dahu tout aussi effrayé.
Sven
nous a précisé que l'animal avait déjà disparu
dans la nuit une fraction de seconde après cet
instantané.
Sven fut un fameux Chef de Troupe, et il put
dessiner cette scène d'après le récit que lui fit
un de ses Eclaireurs de la Troupe Pasteur de
Paris, au cours d'une sortie en Forêt de
Fontainebleau (ce n'est pas très loin de Paris)
Jean Luc SOULAS, membre de SCOUTISME ET
COLLECTIONS, nous rapporte une chanson écrite pour
les louveteaux de Versailles pour le festival
international de la chanson Louveteaux Scouts de
France. En voici les paroles :
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LE DAHU REFRAIN
Le Dahu a disparu, les louveteaux vont le chercher |
Enfin, si cette enluminure médiévale est authentique, on y reconnait en tous cas un Dahu et un Ange.
... et dahuto montano occurit